Le séisme vient de frapper le 120, rue de Bercy. Alors que le gouvernement socialiste martèle son discours sur la « République exemplaire », une bombe à fragmentation vient d’exploser sous les pieds de Jérôme Cahuzac, le ministre de l’Économie et du Budget.
Celui qui, chaque jour à l'Assemblée, pointe un doigt accusateur vers les exilés fiscaux et promet de « faire les poches » aux fraudeurs, est aujourd'hui accusé par Mediapart de posséder un compte caché chez UBS en Suisse, non déclaré au fisc, et ce depuis plus de vingt ans.
« Je n'ai pas, je n'ai jamais eu... » : Le mensonge face à la nation
Hier encore, debout au banc du gouvernement, les yeux plantés dans ceux des députés et des caméras, Jérôme Cahuzac affirmait avec un aplomb terrifiant : « Je n'ai pas, monsieur le député, je n'ai jamais eu de compte à l'étranger. Ni maintenant, ni avant. »
Un déni absolu. Une prestation théâtrale qui pourrait entrer dans l'histoire, non pas pour son talent, mais pour son audace criminelle. Comment peut-on jurer ses grands dieux devant la représentation nationale tout en sachant que des enregistrements sonores circulent ?
L’enregistrement qui tue
Car la preuve est là, accablante. Un enregistrement datant de la fin des années 2000, où l'on entend une voix identifiée comme celle de Cahuzac confier à son chargé d'affaires : « Ça me fait chier d'avoir un compte ouvert là-bas, UBS c'est pas forcément la plus discrète des banques. » Ce n'est plus seulement une affaire de fraude fiscale, c'est une affaire de parjure. Cahuzac n'est pas un simple fraudeur ; il est le grand prêtre de la rigueur budgétaire qui officie le jour devant les fidèles, et va compter ses lingots la nuit dans le secret des coffres helvètes.
Un système de complicités ?
L’enquête révèle des méthodes dignes d'un roman d’espionnage : déplacements secrets à Genève, utilisation d'intermédiaires comme l'avocat Philippe Péninque (pourtant proche de l’extrême droite), et transferts de fonds vers Singapour pour brouiller les pistes.
La question qui brûle les lèvres de tous les Français est désormais la suivante : François Hollande et Jean-Marc Ayrault pouvaient-ils ignorer le passé de leur "sniper" budgétaire ? Si le sommet de l'État savait, c'est une affaire d'État. S'il ne savait pas, c'est une preuve d'amateurisme effrayante.
La chute du chirurgien
Avant d'être ministre, Cahuzac était chirurgien esthétique, expert en implants capillaires. Il semble avoir appliqué la même méthode à ses finances : soigner les apparences tout en masquant les racines. Mais aujourd'hui, le masque est tombé.
Si ces accusations se confirment, Jérôme Cahuzac ne sera pas seulement le premier ministre d'un gouvernement de gauche à chuter pour fraude, il restera le symbole éternel de l'hypocrisie politique. La "République exemplaire" est déjà morte, enterrée dans une banque suisse.