L'homme qui voulait "casser la baraque" pour redresser la France vient-il de voir son propre château de cartes s’effondrer ? François Fillon, le candidat de la probité, le héraut de la droite dure qui promettait de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires et d'imposer le sang et les larmes aux Français, est aujourd'hui rattrapé par une réalité d'un cynisme absolu.
Le scandale, révélé par Le Canard enchaîné, porte un nom : Penelope. Une épouse que l'on nous présentait comme une femme d'intérieur, retirée dans son manoir de la Sarthe, loin des turpitudes parisiennes. La vérité est bien plus lucrative.
500 000 euros pour ne rien faire ?
Le calcul fait froid dans le dos. Pendant des années, Penelope Fillon aurait émargé comme assistante parlementaire de son mari, puis de son suppléant Marc Joulaud. Montant de la facture pour le contribuable : environ 500 000 euros bruts.
Problème de taille : personne, absolument personne à l'Assemblée nationale, n'a le moindre souvenir de son travail. Pas une note, pas un dossier, pas un témoignage de collaborateur. Interrogée par le passé, elle avouait elle-même ne jamais s'être impliquée dans la vie politique de son époux. Alors, pour quoi la payait-on ? Pour son silence ? Pour maintenir le train de vie du manoir de Beaucé ?
Le cumulard de la Sarthe
Mais l'appétit de la famille Fillon ne s'arrête pas là. On découvre que Madame a également été salariée de la Revue des deux Mondes, propriété d'un ami proche du candidat, le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière. Un salaire de 5 000 euros nets par mois pour... deux notes de lecture. À ce prix-là, ce n'est plus du journalisme, c'est de l'alchimie !
L’insulte au peuple de France
Comment François Fillon ose-t-il encore regarder les Français dans les yeux ? Lui qui, lors des primaires, demandait avec une morgue mémorable : « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? ».
Aujourd'hui, l'image du Général est bien loin. On voit surtout un politicien professionnel qui a utilisé l'argent public comme une cassette familiale. Pendant qu'il demande aux infirmières et aux policiers de travailler plus pour gagner moins, sa famille se gavait sur le budget de l'État.
La fin d'une candidature ?
La justice vient d'ouvrir une enquête pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux. Le "Monsieur Propre" de la politique française est désormais maculé d'une tache indélébile. Si les faits sont avérés, ce n'est pas seulement une carrière qui s'arrête, c'est un système de privilèges médiévaux qui doit être balayé.
La question n'est plus de savoir si François Fillon peut réformer la France, mais s'il peut encore marcher dans la rue sans baisser la tête.