Le scandale qui secoue le Château depuis quarante-huit heures n'est pas seulement une affaire de violences policières ; c'est la révélation d'un système de "favoris" digne de l'Ancien Régime. Alexandre Benalla, l'ombre portée d'Emmanuel Macron, le collaborateur de 26 ans qui suivait le Président comme son ombre, a été filmé en train de frapper des manifestants le 1er mai dernier.
Problème : Benalla n'est pas policier. Il n'avait rien à faire là avec un casque de CRS sur la tête et un brassard de police au bras.
Le shérif de la Contrescarpe
Les images publiées par Le Monde sont révoltantes. On y voit ce protégé de l'Élysée s'acharner sur un jeune couple place de la Contrescarpe, à Paris, avec une brutalité de milicien. Sous les yeux de vrais CRS, médusés ou complices, Benalla joue les gros bras. Qui lui a donné ce pouvoir ? Qui l'a autorisé à s'extraire de son rôle de "chargé de mission" pour aller casser du manifestant par pur plaisir dominical ?
L’Omerta du Château
Le plus scandaleux n'est peut-être pas l'acte lui-même, mais la tentative d'étouffement qui a suivi. On apprend que l'Élysée était au courant dès le mois de mai. La sanction ? Une mise à pied de quinze jours, restée secrète, après quoi Monsieur Benalla a retrouvé son bureau, ses badges d'accès à l'Assemblée nationale et son logement de fonction quai Branly.
Pendant que le porte-parole de l'Élysée tente de minimiser l'affaire en parlant d'un simple "geste inapproprié", la réalité explose : Alexandre Benalla bénéficiait de privilèges exorbitants. Voiture de fonction équipée de gyrophares, accès aux secrets de la sécurité présidentielle, et surtout, une impunité totale garantie par le sommet.
Un État parallèle ?
Cette affaire soulève une question terrifiante : existe-t-il une police parallèle au service exclusif d'Emmanuel Macron ? En court-circuitant la hiérarchie officielle de la Préfecture de Police et de la Gendarmerie, le clan Macron a créé un monstre. Benalla est le symbole d'une dérive monarchique où la proximité avec le Prince autorise toutes les transgressions.
Macron, le responsable silencieux
« S'ils cherchent un responsable, le responsable c'est moi », finira sans doute par dire le Président pour tenter d'éteindre l'incendie. Mais la formule ne suffira pas. Comment un homme sans aucune formation policière a-t-il pu obtenir un port d'arme et commander des officiers de carrière ?
L'affaire Benalla, c'est le portrait craché d'un pouvoir qui se croit au-dessus des lois, méprisant les institutions au profit d'une garde prétorienne dévouée et violente. Le nouveau monde promis ressemble étrangement aux pires heures des barbouzes de la République.