Le réveil est brutal pour les finances publiques gabonaises. Alors que le gouvernement de transition multiplie les annonces de grands travaux et de recrutements massifs dans la fonction publique, les gendarmes de l'économie mondiale commencent à perdre patience. Dans son dernier rapport de janvier 2025, le FMI (Fonds Monétaire International) a adressé une mise en garde sans frais au général Brice Oligui Nguema : la trajectoire budgétaire du Gabon est jugée "expansionniste et risquée".
Le piège de la dépense facile
Depuis le coup de force de 2023, le CTRI a choisi la politique du carnet de chèques pour asseoir sa popularité. Réintégration de milliers de fonctionnaires, hausse des budgets d'investissement, rachats d'actifs pétroliers via la Gabon Oil Company (GOC)... La dépense publique a explosé de près de 20 % en un an. Si ces mesures calment la grogne sociale à court terme, elles creusent un déficit budgétaire que les recettes pétrolières, malgré des cours stables, peinent à combler.
La dette : Le retour des vieux démons
Le Gabon a renoué avec les emprunts massifs sur les marchés régionaux. Le ministre de l'Économie, Mays Mouissi, se veut rassurant, mais les chiffres parlent d'eux-mêmes : la dette publique frôle désormais les 75 % du PIB. Le FMI s'inquiète particulièrement de l'opacité entourant certaines dépenses "hors budget" liées à la transition. Sans une réforme fiscale drastique et une réduction du train de vie de l'État — qui reste paradoxalement très élevé pour les cadres du régime — le pays court vers une crise de liquidités majeure d'ici la fin de l'année 2025.