RAM, le méga-scandale : Ce réseau belgo-congolais qui a tondu les abonnés mobiles !

C’est le braquage du siècle, réalisé sans arme ni effraction, directement depuis les téléphones portables de 45 millions de Congolais. Le RAM (Registre des Appareils Mobiles), cette taxe illégale déguisée en service de lutte contre les contrefaçons, vient de livrer ses derniers secrets. Et le bilan est sanglant : des centaines de millions de dollars ont été prélevés sur les crédits de communication des plus pauvres pour finir dans les poches d'un réseau opaque aux ramifications s'étendant de Kinshasa à Bruxelles.

Alors que le gouvernement avait promis que cet argent servirait à connecter les écoles et à offrir le Wi-Fi gratuit, l'audit final révèle une réalité bien plus sombre : une opération de pompage financier orchestrée par une clique d’intouchables.

La taxe des ombres

Le mécanisme était d'une simplicité diabolique. À chaque recharge, l'État — via l'ARPTC (Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo) — prélevait un dollar par-ci, cinq dollars par-là, sous prétexte de "certifier" les téléphones. En réalité, une société privée, 5C Energy, liée à des proches de l'ancien entourage présidentiel et à des intérêts belges, gérait la base de données et empochait une commission royale.

L'audit de 2025 révèle que sur les fonds collectés, moins de 15 % ont réellement servi à des projets d'utilité publique. Où est passé le reste ? Les flux financiers tracent une route sinueuse vers des comptes off-shore et des investissements immobiliers de luxe en Europe.

Le Wi-Fi fantôme et les écoles oubliées

Le "Wi-Fi gratuit" promis dans les universités et les places publiques de Kinshasa est devenu le symbole de cette escroquerie. Des bornes installées à la hâte, fonctionnant trois jours par mois, alors que les abonnés mobiles continuaient d'être tondus sans pitié. Quant aux écoles, la plupart n'ont jamais vu l'ombre d'une tablette ou d'une connexion internet promise par les promoteurs du RAM.

Le rôle trouble de l'ARPTC

Au cœur du réacteur, l'ARPTC est pointée du doigt. Ses dirigeants, protégés par un statut spécial, ont agi comme un État dans l'État, refusant pendant des années de rendre des comptes au Parlement. Le dossier RAM n'était pas une erreur administrative ; c'était un système de prédation institutionnalisé, validé au plus haut niveau pour financer des officines politiques et des ambitions personnelles.

L’heure de la reddition des comptes

Sous la pression de la société civile et des mouvements citoyens comme Lucha, la justice congolaise est désormais acculée. Les noms des bénéficiaires finaux de 5C Energy commencent à fuiter. Si le régime de Félix Tshisekedi veut prouver qu'il n'est pas complice de ce vol à ciel ouvert, il doit obtenir le remboursement des fonds et l'arrestation des cerveaux de l'opération, qu'ils soient à Kinshasa ou à l'étranger.

Le RAM restera dans l'histoire comme la taxe la plus détestée du Congo, celle qui a prouvé que la technologie, entre de mauvaises mains, n'est qu'un outil de plus pour affamer un peuple déjà à genoux.