Ousmane Sonko vs Aminata Touré : Le clash des ambitions au sommet de l'État !

L’unité de façade qui avait porté le projet « Diomaye-Mimi-Sonko » vers la victoire historique de 2024 vient officiellement de voler en éclats. Depuis quelques semaines, les couloirs du Palais de la République et de la Primature résonnent d'un affrontement sourd, mais d'une violence politique inouïe. D'un côté, Ousmane Sonko, le Premier ministre omnipotent qui entend régenter l'agenda de la rupture ; de l'autre, Aminata "Mimi" Touré, l'ancienne cheffe du gouvernement ralliée au PASTEF, qui refuse de jouer les seconds rôles.

Le divorce est consommé, et c’est la stabilité même de la nouvelle coalition au pouvoir qui vacille.

La guerre des territoires

Tout a commencé avec la question des nominations. Mimi Touré, forte de son expérience d'État et de son réseau international, a vu ses partisans systématiquement écartés des postes stratégiques au profit des "cadres de la première heure" du PASTEF. Pour Sonko, la loyauté au parti prime sur l'alliance de circonstance. Pour Touré, c'est un mépris inacceptable envers ceux qui ont apporté la caution institutionnelle nécessaire à la victoire.

En coulisses, on murmure que la Haut-commissaire à la République (poste créé sur mesure pour elle) ne décolère pas. Elle se sent « mise sous cloche » par un Premier ministre qui, selon ses proches, se comporte plus en chef de clan qu’en chef de gouvernement.

2029 en ligne de mire ?

Mais la véritable raison de ce clash est plus lointaine : la succession. Bien que Bassirou Diomaye Faye n'en soit qu'à son premier quart de mandat, la machine Sonko prépare déjà l'après-Diomaye. Aminata Touré, avec son profil de femme d'État expérimentée, est perçue comme la seule capable de faire de l'ombre au "Leader Suprême" du PASTEF lors des prochaines échéances.

Les dossiers qui fâchent

Le conflit a pris une tournure publique lors du débat sur la reddition des comptes. Alors que Mimi Touré pousse pour une accélération des dossiers contre les anciens du régime Macky Sall (dont elle connaît tous les secrets), le camp Sonko semble choisir ses cibles avec une sélectivité qui agace. « On protège certains alliés de circonstance tout en frappant sur les ennemis d'hier », siffle-t-on dans l'entourage de l'ancienne Première ministre.

L'incident du dernier Conseil des ministres, où une vive altercation aurait éclaté entre les deux poids lourds devant un Président Diomaye Faye impuissant, marque un point de non-retour.

Le peuple, spectateur d'un mélodrame

Pendant que ces deux ego se livrent une guerre de tranchées, le "Sénégalais lambda" attend toujours la baisse promise des denrées de première nécessité et la création d'emplois. Ce clash des ambitions est un luxe que le pays ne peut pas se permettre. La rupture promise risque de s'embourber dans les calculs politiciens, les mêmes que le PASTEF dénonçait avec virulence lorsqu'il était dans l'opposition.

Si Bassirou Diomaye Faye ne siffle pas rapidement la fin de la récréation, son mandat pourrait être celui d'une cohabitation interne impossible, menant tout droit à une paralysie de l'État.