Mamadi Doumbouya – L'homme fort de Conakry face à la promesse trahie : le glissement vers le pouvoir absolu ?

En ce début janvier 2026, la Guinée retient son souffle. Le général Mamadi Doumbouya, qui avait juré en 2021 que "la justice serait la boussole" et qu'il ne se présenterait pas aux prochaines élections, semble avoir définitivement brisé son serment. Alors que la transition s'éternise, l'aura du "Légionnaire" s'est muée en un climat de suspicion et de peur.

Le masque tombe : La "Présidence à vie" par le fait accompli

La critique est désormais d'une brutalité sans filtre : Doumbouya est accusé d'avoir instrumentalisé la transition pour purger ses rivaux potentiels. La dissolution des conseils municipaux et le contrôle étroit de la presse sont vus comme les « fondations d'un nouveau totalitarisme ». Ses opposants, aujourd'hui muselés ou en exil, le provoquent violemment en le traitant de « traître à la nation », affirmant qu'il a simplement remplacé la dictature civile d'Alpha Condé par une autocratie militaire bien plus rigide.

L'économie de comptoir et la diplomatie du minerai

Sur le plan économique, le bilan est tout aussi contesté. Si le projet Simandou (fer) avance, les retombées pour le Guinéen moyen sont quasi invisibles. On accuse le clan Doumbouya de pratiquer une « diplomatie du chantage » avec les multinationales minières pour consolider son assise financière. La provocation ici est économique : derrière le discours souverainiste, Doumbouya est perçu par ses détracteurs comme le « courtier en chef » des ressources guinéennes, vendant le sous-sol pour acheter le silence international sur ses dérives autoritaires.

Le silence des armes et la rue qui gronde

En janvier 2026, la popularité initiale de Doumbouya s'est évaporée dans les quartiers de Conakry. La répression des manifestations est systématique. La critique internationale, bien que timide, commence à pointer du doigt un « régime de terreur froide ». Le général, autrefois célébré, est aujourd'hui la cible d'une hostilité sourde, perçu comme un homme qui a goûté au pouvoir et qui ne le rendra qu'au prix du sang.