Ousmane Sonko – Le Premier ministre de l'ombre : le duo exécutif survivra-t-il à l'usure du pouvoir ?

En ce début d'année 2026, Ousmane Sonko reste la figure la plus clivante du monde francophone. Premier ministre de combat, il est pour ses partisans le rempart contre l'impérialisme, mais pour ses adversaires, il est le "pompier pyromane" de la démocratie sénégalaise. Jamais un chef de gouvernement n'aura autant dominé son président, au point de créer un déséquilibre institutionnel sans précédent.

La rhétorique de la confrontation

Sonko continue d'utiliser le langage de la rue pour gouverner. Si cela lui assure une base électorale inébranlable, les chancelleries étrangères et les investisseurs voient en lui un "élément d'instabilité permanente". On le critique violemment pour son incapacité à passer de l'activisme à l'homme d'État. Ses sorties sur le franc CFA et les bases militaires étrangères sont perçues comme des "provocations électorales" visant à masquer les difficultés économiques réelles du pays (inflation, dette).

L'inquisiteur national

La mise en place de tribunaux spéciaux et les menaces répétées contre la presse indépendante ont transformé son image de réformateur en celle d'un "autocrate en devenir". Les critiques les plus dures le comparent à un "Robespierre tropical", prêt à sacrifier l'État de droit sur l'autel d'une pureté révolutionnaire fantasmée. Son influence sur l'appareil judiciaire est dénoncée comme une mainmise dangereuse qui pourrait, à terme, se retourner contre ses propres alliés.